vendredi 28 janvier 2011

Soundpainting ?

J'ai observé cette semaine, les musiciens de l'ONCT mettre en œuvre un programme de soundpainting destiné à des concerts pédagogiques.

Si on jette une oreille distraite à la répétition, puis au concert, on pense écouter du jazz.
Si on jette un œil tout aussi distrait au chef d'orchestre, on pense qu'il s'est mis au mime, et que ça lui réussit pas trop mal ! A moins qu'il ne s'essaye à la langue des signes ?

Le soundpainting... kesako ?????


Inventé au cours des années 1980 par Walter Thompson, le soundpainting est une technique d'improvisation dirigée.

Les musiciens peuvent être de toute origine, ou même n'être pas du tout musiciens, car les codes proposés par le chef d'orchestre ne sont pas ceux écrits habituellement. Et les sons produits, ne sont pas forcément non plus ceux produits habituellement.

En fait, le chef dispose d'un catalogue de 800 signes qui lui servent à indiquer ce qu'il souhaite entendre les musiciens produire. Oh, rassurez-vous, il ne produit pas 800 signes dans la totalité d'un concert ! D'ailleurs, certains gestes sont destinés spécifiquement à d'autres artistes que les musiciens ainsi que l'indique le site soundpainting.com, site du créateur (compositeur, chef d'orchestre et jazzman) Walter Thompson, par exemple des acteurs, danseurs, etc.

christophe_mangou

Bon. Des gestes, auxquels correspondent des sons (avec une hauteur et une durée spécifique, voire même des précisions comme le timbre, la dynamique). C'est un peu l'expression d'un chef tout puissant, non ? Enfin, c'est mon ressenti. En plus, les musiciens doivent aussi garder un œil sur quelques lignes écrites, de manière à avoir un ensemble auditif cohérent (on entendait vraiment une grille jazzy, avec parfois une mélodie, effet de refrain, pendant l'œuvre interprétée, Meeting in blue). Bon, il doit y avoir autre chose pour que ce soit vraiment intéressant...


Passons au concert. Dans la Halle aux Grains, un bon millier d'enfants. Les musiciens arrivent, applaudissements, le chahut cesse (ouf, ils étaient vraiment bruyants !). Le chef explique un peu ce qu'il va se passer, l'œuvre est jouée. Jusque là, rien, mais absolument rien, d'extraordinaire.

Mais après les applaudissements de clôture, le chef reprend la parole et s'adresse directement aux enfants, qui ont reconnu certains signes. L'orchestre reprend le refrain de la pièce et le chef s'adresse gestuellement aux enfants... qui chantent, crient des onomatopées, ainsi que l'indiquent les signes du chef.

Bien sûr, les enfants avaient déjà été sensibilisés à ces gestes, par leurs enseignants qui avaient rencontré le chef d'orchestre au cours de l'automne. C'était donc plus facile pour eux de les reconnaître, et pour le chef d'obtenir un résultat qui ressemble à quelque chose. (Vous imaginez un millier de gosses libres de crier ce qu'ils veulent dans un concert, ça n'aurait pas donné la même chose !)


Le soundpainting est donc un moyen de faire participer tout le monde à la musique. Je trouve que c'est très intéressant, mais tout de même un peu limité par les codes à assimiler. Existe-t-il d'autres solutions pour sortir le concert de son carcan classique, du fossé entre le parterre et le plateau ?

En attendant de les trouver, on peut quand  même s'intéresser à cette technique :

Il me semble qu'il y a d'autres événements autour du soundpainting à Toulouse cet hiver, mais je ne les ai pas retrouvés sur la vaste toile, ni dans ma mémoire.

Posté par aloysiaweber à 23:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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