Non, je ne vais pas vous parler de Shakespeare.

Et non, ce n'est pas parce que je suis absente que j'ai oublié ma plume au fond d'un tiroir. La preuve, elle revient, et plutôt agacée !

 

Hier soir, l'Orchestre du Capitole archi complet (pas moins de 9 cors parfois divisés en 5 cors + 4 tuben) m'a déçu.

Au programme : le Concerto pour flûte de Carl Nielsen, et la 8ème symphonie, en ut mineur, d'Anton Bruckner.

Le concerto et Pahud m'ont beaucoup plu (malgré la tête de vainqueur du flûtiste à son entrée sur scène !), donc j'y reviendrai après, parce que je garde "le meilleur pour la fin".

 

11-06-08_swensen_drPassons sur la coupe de cheveux de Swensen (photo DR, Ugo Ponte) qui ne lui va guère. J'ai été particulièrement étonnée de la puissance dégagée par l'orchestre alors que le chef restait droit et presqu'immobile sur son estrade. D'autant que ses gestes, très souples, m'auraient incitées à jouer sans rigueur, et par vagues... hum, remarque, certains accords ont l'allure de vagues. Et pour rester en rythme, les premiers pupitres de cordes tapent du pied ! Du jamais vu !

D'ailleurs, je ne les ai pas trouvé si "en rythme" que ça ces cordes. Le début du 3ème mouvement étale de belles tenues de violons, mais les archets ne changeaient pas en même temps sur les mêmes notes, à la seconde près, et les changements de notes n'étaient pas non plus rigoureusement ensemble, créant des tensions supplémentaires de 1/2 (voire 1/4) de tons dans l'écriture de Bruckner ! J'aurais préféré que ce pupitre de 16 violons joue comme un seul, ce n'est pas un résultat auquel on était habitué.

Du côté de l'harmonie, c'était vraiment beaucoup trop fort. Au point que je n'entendais pas les contrebasses pourtant à l'unisson avec le tuba et les timballes. Tant de cuivres veulent être brillants, ça se conçoit, mais il n'y avait plus aucun équilibre de l'ensemble.

 

La note de programme vantait l'écriture "comme une cathédrale sonore", j'avoue n'en avoir rien goûté tant l'interprétation m'a déplue.

Mais je dois être la seule de cet avis, car c'est une Halle aux Grains toute tremblante d'applaudissements et trépignements qui a salué le chef et l'orchestre à l'issue de ces 80' symphoniques. Comme quoi...

 

Revenons au début du programme de ce concert. Emmanuel Pahud que je connaissais de nom, et peut-être un peu au disque (ma mémoire me fait défaut) m'a enthousiasmée. Le 2ème mouvement, trés étrange, divers et mouvant, du Concerto pour flûte de Nielsen aussi.

Précision du souffle, délicatesse des traits, dialogue et couleurs de l'orchestre, l'interprétation fut aux antipodes de la symphonie.

En bis, un Caprice baroque qui nous livre encore une autre facette du flûtiste.

Bravo !

 

Le billet des critiques... dont certains n'ont pas dû écouter le même concert que moi !