jeudi 20 janvier 2011

Richard Galliano à Toulouse

Mardi 18 janvier 2011, l'Orchestre de Chambre de Toulouse invite Richard Galliano pour un concert aux couleurs du soleil.
Au programme, Albeniz, Piazzolla, une Suite méditerranéenne, etc. gallianoJ'avais beaucoup aimé le concert "Piazzolla forever" dudit Galliano, il y a 5 ou 6 ans à Toulouse, je me laisse tenter par celui-ci.
J'ai eu presque tort...

Le concert s'ouvre par une transcription pour trompette et orchestre de chambre de la Suite espagnole d'Albeniz. Et il s'ouvre bien. On a rarement l'occasion d'entendre la trompette en tant que soliste dans la musique classique, tout est ici fort bien mené. J'entends peu les basses de l'orchestre, mais comme me le confirmera la suite du concert, je pense que c'est plus à ma place dans la salle qu'à l'OCT qu'il faut imputer ce défaut. (Je suis derrière lesdites basses, et la Halle aux Grains ne semble pas "sonner" avec les petits ensembles de la même manière partout, c'est dommage.) Les applaudissement qui saluent Bernard Soustrot et l'ensemble sont largement mérités.

Gilles Colliard assume ensuite  la partie solo de 2 des saisons d'Astor Piazzolla : Invierno porteño et Primavera porteña. J'ai préféré le Printemps à l'Hiver, parce qu'il était dynamique, agressif, parfois "sale", bref, il avait un vrai caractère de tango. LHiver m'a semblé insipide, il n'y avait ni dynamique ni accents dans les phrasés et l'orchestre réagissait peu aux inflexions données par le violon solo. C'est dommage !
D'ailleurs, j'ai dans l'oreille la très belle version du Richard Galliano septet, et la comparaison n'est pas favorable à l'Orchestre de chambre.

La deuxième partie était intégralement consacrée à Richard Galliano. A la fois en tant qu'accordéoniste et en tant que compositeur puis l'Opale concerto et la Suite méditerranéenne sont de sa plume.
Malheureusement, si j'apprécie beaucoup l'interprète, j'ai découvert, et beaucoup moins apprécié le compositeur ! Et comble du malheur, j'ai très peu entendu l'interprète ! Toute cette 2ème partie m'a largement déçue. Les œuvres (et en particulier le concerto) semblent n'avoir ni queue ni tête. C'est une succession de motifs sans lien. Parfois une grande cadence d'accordéon que rien n'a préparée, puis des interventions d'orchestre qui couvrent entièrement l'instrument soliste.
La suite, pour accordéon, trompette et orgue (celui-ci tenu par Jean Dekyndt) est un peu plus intéressante. Elle utilise dans son 1er mouvement des thèmes ensoleillés, nés d'une croisière entre les 3 amis. Le deuxième mouvement rappelle Bach et son célébrissime Aria, c'est beaucoup moins heureux à mon sens. Que les musiciens se placent dans la filiation du Cantor, soit... qu'ils réemploient sans bonheur ses thèmes, je trouve cela déplacé !

Mais enfin, le public n'a pas caché son enthousiasme (contrairement à moi !) et de nombreux rappels ont salué les artistes.
D'ailleurs, Galliano a offert en bis son Tango pour Claude (Nougaro, bien sûr !)... il savait comment toucher la corde sensible du public toulousain !

Côté critique, classictoulouse est autrement plus enthousiaste que moi. Les goûts et les couleurs dit-on...


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