mercredi 21 septembre 2011

Pianos d'été

Ce soir, un billet en deux temps.

 

A rebours, le récital d'Anne Queffélec à la Halle aux Grains de Bagnères-de-Bigorre pour le Festival Piano Pic.

Et celui de lundi dernier de Nathalia Romanenko aux Abattoirs de Toulouse pour le Festival Piano aux Jacobins.

 

Commençons par une petite merveille délicate, sous les doigts d'Anne Queffélec.

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Un programme très dense, que la pianiste nous a présenté en début de chaque partie. Elle est "partie de l'idée de l'amitié Chopin-Liszt, et [a] eu envie de les relier, le premier, à deux compositeurs qu'il aimait infiniment, Bach et Haendel, le deuxième à la musique française que son écriture a beaucoup influencée, Debussy et Ravel."

En première partie :

Haendel, Passacaille en sol mineur HWV 432

Bach/Busoni, Prélude du Choral "Nun Komm't der Heinden Heiland" BWV 659

Marcello/Bach, Adagio du concerto pour hautbois en ré mineur

Chopin, Nocturne en sol mineur op. 15 n°3

Haendel/Kempff, Menuet en sol mineur

Chopin, Nocturne en sol mineur op. 37 n°1

Bach/Hess, "Jesu, meine freude" cantate BWV 147

Haendel, Chaconne en sol majeur HWV 435

Même si je reconnais et admire le jeu de la pianiste, cette deuxième partie m'a beaucoup moins enthousiasmée que la suivante, avec pour fil conducteur l'eau, merveilleusement jouée !

Liszt, La Lugubre gondole S. 134

Liszt, Les Jeux d'eau à la villa d'Este S. 163

Debussy, Ondine

Debussy, La Cathédrale engloutie

Debussy, Reflets dans l'eau

Ravel, Noctuelles

Ravel, Les Oiseaux tristes

Ravel, Une barque sur l'océan

J'ai été beaucoup plus enthousiasmée par cette deuxième partie. J'aime beaucoup Ravel et suis donc très exigeante quand je l'écoute, je dois dire que cette soirée m'a charmée.

En bis... je ne sais plus, mais, malgré la pluie, je suis ressortie de la Halle le sourire aux lèvres !

 

*°*°*

 

A Toulouse, le Festival Piano aux Jacobins, en partenariat avec le musée des Abattoirs propose de mettre en relation une oeuvre du fonds plastique du musée et des oeuvres musicales rares, souvent de la musique du XXème siècle. Ce lundi 19 septembre, l'oeuvre exhumée est Osceola (1957) de Paul Jenkins.

11-09-19Jenkins_osceola

Nathalia Romanenko, dont c'était le 1er concert à Toulouse comme elle l'a elle-même signalé (mais ce qu'elle n'a pas précisé, c'est qu'elle reviendra pour une création émouvante), a présenté intégralement ce concert.

 

 

Sans entracte se sont succédées :

Kabalevski, Sonate n°1 en fa majeur op. 6

Schnittke, Sonate n°1

Massenet, Valse folle

Schedrin/Pletnev, extraits d'Anna Karenina "Prologue", "La Course"

 


L'ensemble du récital a été interprété avec maestria. Bien que la salle, à moitié pleine, ait résonné de craquements divers, commentaires, bips et diaphragmes d'appareils photo, la pianiste a emporté son public dans un voyage de l'imaginaire enfantin aux confins de la folie.

Lors de sa présentation, elle a précisé avoir souhaité mettre en rapport les couleurs flamboyantes du tableau de Jenkins avec les couleurs musicales d'oeuvres méconnues.

Je n'ai, en toute honnêteté, pas compris comment mettre en relation l'oeuvre picturale et les oeuvres musicales. Les couleurs harmoniques et mélodiques du programme musical, un deuxième mouvement de la Sonate de Kabalevski (qui n'écrit pas que pour les enfants, nous a précisé la pianiste) particulièrement poétique et diaphane, celle de Schnittke placée sous un monogramme (a-t-elle ainsi nommé le motif récurrent de l'oeuvre constitué par le nom du dédicataire Vladimir) féérique, laissant place à l'imaginaire (3ème mouvement) ou à une boîte à musique grinçante (2ème mouvement), invitaient plus à suivre les lignes vertes et sinueuses de la tenue de la pianiste, comme un hommage aux nymphes, à une Mélusine duelle, plutôt qu'à la tension presque sanguinaire du tableau de Jenkins.11-09-19nathalia_romanenko

Alors, après avoir contemplé l'oeuvre (j'étais arrivée en avance), j'ai préféré me laisser porter par la technique pianistique et le formidable talent de conteuse de Nathalia Romanenko.

En effet, elle a émaillé ses interprétations de mimiques du visage, de mouvements brusques et théâtraux, pensive pour s'imprégner de la tension et de la délicatesse de l'introduction de la Sonate de Schnittke, enflammée dans La Course d'Anna Karenina !

 

Ce fut réellement un concert marquant, duquel il ne me reste aucune impression négative (musicalement parlant). J'ai hâte de voir et d'entendre son deuxième passage à Toulouse !


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