mardi 15 février 2011

Les Clefs de Saint-Pierre : Tempête romantique

Au programme du 3ème concert de la 11ème saison de musique de chambre des musiciens de l'Orchestre du Capitole, 2 quintettes à cordes, uniques dans l'œuvre de leurs compositeurs, et rarement joués.

11_02_14_beethovenL'opus 29, en ut Majeur, de Beethoven ouvre la soirée. Mais point de tempête promise.
J'ai trouvé que l'émission était brouillée par les pupitres centraux (violon 2 et 2 alti) qui étaient bien peu équilibrés entre eux. C'est d'autant plus dommage que (et la note de programme est entièrement d'accord là-dessus) l'écriture de ce quintette, en 1801 est très proche de Mozart.
Après l'effervescence viennoise du MCO de vendredi dernier, la comparaison est malheureusement rude pour les musiciens de l'ONCT !
De plus, l'écriture du 1er violon est parfois concertante, et le jeu d'Aude Puccetti, au 1er pupitre de ce quintette, rend merveilleusement bien dans ce rôle... au détriment de la musique d'ensemble.

Heureusement, les cartes sont redistribuées après l'entracte.
11_02_14_brucknerPour le quintette de Bruckner, en fa mineur, Aude passe au 2ème pupitre et laisse le 1er à David Benetah qui rejoint la formation. Les 2 altistes changent eux aussi de chaise et l'effet est radicalement différent, le son très clair de Cyrile Robert donne un corps chaleureux au 1er alto, élégamment souligné par Vincent Cazanave-Pin au 2ème.
La partition laisse aussi s'exprimer le violoncelle de Gaël Seydoux avec bonheur.
Au final, une interprétation très juste et délicate qui m'a ravie !
Les timbres sont équilibrés, les motifs s'échangent avec facilité et délicatesse. L'écriture de Bruckner qu'on ne connaît généralement qu'en tant que symphoniste permet aux musiciens d'élaborer une palette de couleurs changeantes, notamment dans la succession de lents et animés du Scherzo. L'interprétation semble s'essouffler un peu, mais on l'oublie vite, emportés par un Finale exaltant.
Bravo !

En bis, le quintette devient un sextuor à 3 violons puisqu'Olivier Amiel revient sur le devant de la scène, avec un arrangement qui prolonge l'atmosphère viennoise. Valses, opérettes, Lehar est à la fête (après tout, c'est la Saint-Valentin !) et le public enthousiaste ne s'y trompe pas (l'auditorium est comble comme à chaque concert de la saison).

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°*°*°



Je profite de ce billet pour vous parler du précédent concert qui avait été tout simplement fabuleux.

Lundi 29 novembre 2010, "Souvenirs d'en France" pour bois et piano.
Au programme :

Francis Poulenc, Sonate pour hautbois et piano
Camille Saint-Saëns, Sonate pour basson et piano
Claude Debussy, Préludes pour piano
Francis Poulenc, Trio pour hautbois, basson et piano
André Caplet, Quintette pour vents et piano


Si j'apprécie peu Saint-Saëns, je dois reconnaître que l'interprétation d'Estelle Richard au basson me le ferait presque aimer.
Quant aux autres pièces du programme, l'ensemble est éblouissant. Verve, émotions, couleurs, les bois de l'ONCT sont très riches et nous font découvrir des pièces oubliées du répertoire de chambre. Je pense notamment à Caplet, musicien mobilisé pendant la 1ère guerre mondiale avec Lucien Durosoir et Maurice Maréchal, dont les œuvres sont jusqu'alors délaissées car souvent académiques.

Or l'interprétation de ce soir en prouve la richesse.

Avis aux amateurs, c'est un répertoire à explorer !
 

Posté par aloysiaweber à 10:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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