jeudi 10 février 2011

Sfora quartet ...et Orkestra - CRR de Toulouse

Je lève tout d'abord un doute. CRR n'est pas l'expression de mon mécontentement, mais le Conservatoire à Rayonnement Régional de Toulouse !
Et ledit Conservatoire entretient avec ses anciens élèves un rapport visiblement privilégié puisqu'une dizaine de ceux-ci étaient invités à se produire mardi 8 février dans un programme de musiques du monde, facette musicale peu souvent enseignée.

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J'aime bien cette initiative. Néanmoins, j'apporterais plusieurs bémols à ce trop propre concert.
En effet, les musiciens sont excellents, c'est indéniables. Mais pour ce genre de répertoire j'ai trouvé que c'était beaucoup trop lisse, trop juste, trop occidental.
Le programme propose un voyage de la Finlande à la Turquie en passant par la Bosnie, la Macédoine, l'Albanie, les musiques rom, et quelques compositions personnelles.

Mais finalement ces pièces se ressemblaient trop. Trois chanteuses harmonisées de manière classique, des accompagnements de cordes inaudibles derrière les instruments à vent (flûte, clarinette, accordéon et soubassophone) et diverses percussions et batterie.
La tension d'un texte sur l'amour ou la révolution était entièrement transcrite à grands renforts de basses et de batterie, sans doute le visage "inter-ethnique et inter-générationnel" que souhaitent donner ces musiciens à la musique, mais je ne pense pas qu'ainsi ils mettent leur excellence technique et artistique au service de la musique...

Je n'ai pas non plus perçu l'implication corporelle des chanteuses. D'ailleurs, j'ai trouvé vraiment dommage qu'elles s'effacent sur le côté de la scène au moment d'improvisations instrumentales du groupe alors que leur présence physique au centre du cercle ne gênait absolument pas l'audition (mais leur déplacement, un peu plus parce qu'il attirait l'œil et déconcentrait l'écoute). Elles esquissaient parfois un mouvement de bras ou un pas de danse, et vu l'enthousiasme latent de ces musiques, elles auraient vraiment dû "se lâcher", quitte à chanter moins en rythme, moins juste parfois, emportées par l'énergie des chansons.

Pour conclure ? Même si j'ai passé un agréable moment, je regrette que ce concert ait été trop scolaire alors que ces musiciens ont quitté les bancs du conservatoire depuis de longues années !

Posté par aloysiaweber à 17:05 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Sfora quartet ...et Orkestra - CRR de Toulouse

    Sfora Orkestra

    Chère Aloysia Weber (la fausse),

    De gustibus non est disputandum. Aussi, il n’est pas dans mes habitudes de réagir à des critiques. Cependant face à de tels amalgames exprimés publiquement, je me vois dans l’obligation de rétablir quelques vérités :

    1) Moi aussi je préfère lever le doute tout de suite : bien que je participe au projet SFORA ORKESTRA depuis ses débuts et que j’aie signé tous les arrangements de son répertoire, je ne suis pas un ancien du CRR de Toulouse. Vous, à juger par une dent que vous avez gardé contre le Conservatoire et ses élèves, vous y êtes sans doute passé. Une mauvaise expérience ?

    2) Visiblement vous n’êtes pas une spécialiste de la musique traditionnelle d’Europe de sud-est. Je dirai même que vous n’y connaissez strictement rien. Dans le cas contraire vous auriez su qu’il n’y a rien de plus typique dans ce répertoire que les harmonies serrées à trois voix féminines. Cependant, il ne faut pas être un expert pour entendre qu’il ne s’agit pas d’harmonies classiques, le répertoire étant essentiellement modal…
    Puisque vous ne pratiquez aucune langue slave, vous n’êtes évidemment pas en mesure d’apprécier l’extrême justesse de la phonétique des trois chanteuses de SFORA ORKESTRA. Bizarrement, vous ne parlez pas non plus de la souplesse avec laquelle elles abandonnent pour l’occasion la technique lyrique pour rester au plus près de la manière vocale originale.

    3) Bien évidemment, les morceaux de notre programme se ressemblent, tout comme se ressembleraient pour un laïc les mélodies françaises dans un récital lyrique: cela s’appelle LE STYLE.
    Ceci dit, un initié n’aurait jamais confondu une sevdalinka bosniaque avec un hymne rrom ou un horo bulgare…

    4) Les arrangements reprennent de manière assez fidèle le style des « orkestar » balkaniques, avec pour seule différence le quatuor à cordes qui remplace les cuivres (d’où SFORA ORKESTRA et non pas SFORA ORKESTAR). Les cordes remplissent donc ici souvent un rôle d’accompagnement rythmique et harmonique.

    5) Visiblement vous n’avez pas compris qu’il s’agissait d’une fusion de la musique traditionnelle et des musiques actuelles improvisées où il est tout à fait d’usage que les chanteurs « s’effacent » pendant les chorus instrumentaux.

    Sachez que je m’estime heureux de pouvoir monter un projet professionnel avec mes jeunes collègues musiciens formés au CRR de Toulouse. Contrairement à ce que vous pensez, je trouve que, outre une excellence technique, une grande musicalité et la capacité à improviser, ils ont su garder une grande polyvalence, une ouverture d’esprit et la curiosité musicale permettant d’explorer des styles musicaux divers et variés avec toujours autant de justesse.

    Dommage que vous n’ayez pas le courage de signer vos critiques avec votre vrai nom et qu’à la place vous préfériez vous cacher confortablement derrière un pseudonyme prétentieux. La discussion aurait été plus équitable…

    Puisque vous avez passé quand même un « agréable moment » la dernière fois, je vous invite à nous revoir en concert à condition que vous arrêtiez d’analyser notre projet à travers le prisme de votre formation (devrais-je dire : votre déformation ?) classique.

    Cordialement

    Pawel Matak

    Posté par Pawel Matak, lundi 13 juin 2011 à 15:17 | | Répondre
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